mercredi, octobre 19, 2005

Pablo Neruda - Poème XVI (les vingt poèmes d'amour)


Crépuscule - Guy Ferrer

Tu es au crépuscule un nuage dans mon ciel,
ta forme, ta couleur sont comme je les veux.
Tu es mienne, tu es mienne, ma femme à la lèvre douce
et mon songe infini s'établit dans ta vie.

La lampe de mon coeur met du rose à tes pieds
et mon vin d'amertume est plus doux sur tes lèvres,
moissonneuse de ma chanson crépusculaire,
tellement mienne dans mes songes solitaires

Tu es mienne, tu es mienne, et je le crie dans la brise
du soir, et le deuil de ma voix s'en va avec le vent.
Au profond de mes yeux tu chasses, ton butin
stagne comme les eaux de ton regard de nuit.

Tu es prise au filet de ma musique, amour,
aux mailles de mon chant larges comme le ciel.
Sur les bords de tes yeux de deuil mon âme est née.
Et le pays du songe avec ces yeux commence.

mardi, octobre 18, 2005

Je me souviens...



Je me souviens des jours anciens…

Je me souviens de pas grand-chose. Toutes les images s’estompent et comme des oiseaux en mal du pays, mes souvenirs, s’envolent…au loin, pour n’être plus jamais que de passage.

Je me souviens que j’avais un chat, mignon, adorable, qui aimait se cacher dans mes longs cheveux entre deux oreillers…

Je me souviens d’une petite fille écrivant son prénom sur le sable, regardant les vagues l’effacer et n’en laisser qu’un semblant de souvenirs…

Je me souviens de moi petite fille, écrivant mon prénom sur le sable d’une plage lointaine, devant un océan inconnu, face à des vagues incertaines…un souvenirs tellement lointains qu’il n’est plus mien, mais celui d’une petite fille…

Je me souviens d’une école, de livres, de tableaux sur les murs, de cours de récréation et d’une sucette à la menthe…

Je me souviens d’un voyage, de rues blanches, d’une histoire d’amitié, d’une petite fille prenant la main de son ami et déambulant au grès des…rues blanches…

Je me souviens d’une nuit, d’un journal, de mots écrits à l’encre noire…récit d’une vie, ébauche d’un rêve, image d’un amour perdu…

Je me souviens d’un café maure, d’une robe d’été, une jambe cassée…un sourire timide et de longues journées à marcher sous le soleil…

Je me souviens d’une dune de sable, une rose de sable, une lune de sable…un château de sable…

Je me souviens d’une glace fondant sous un soleil d’été, d’un bouquet de roses rouges, d’un dîner aux chandelles, d’une nuit d’amour…

Je me souviens aussi de quelques larmes, qui jaillissent de ça, de là…et effacent les souvenirs…

dimanche, octobre 16, 2005

Au numéro 13 j'habitais...



Une longue absence, des années d’abstinence…

Oui c’est l’abstinence même, une privation forcée pour effacer de ma mémoire les petits détails qui formaient le fleuve de ma vie. Un déluge torrentiel de souvenirs ébranle jusqu’aux derniers petits recoins de mon âme à la seule vue de cette porte.

Que de souvenirs…

Derrière cette porte j’avais vécu les plus heureuses heures de mon enfance, les plus malheureuses circonstances de mon adolescence…Une multitude de tourments, d’éclats de rire, de cris de colère et une effusion de larmes.

Que de souvenirs…

Dans les petites ruelles de l’Oudaya les enfants jouaient sans cesse, les garçons au ballon, les filles à imiter leurs mamans. Je ne me livrais pratiquement jamais à leurs jeux. J’affectionnais particulièrement les moments de solitude silencieuse sous une ombre improvisée. Les ombres dans cet ancestral quartier de Rabat, qui survécu aux intempéries du temps depuis l’époque almoravide où il jonchait les superbes jardin de l’Oudaya, sont d’une aura particulière.

Des ombres naissaient au grès du mouvement du soleil ici et là sans aucune logique. Les petites ruelles dont les mûrs, habillés de bleu ou de blanc, arboraient des lueurs mystérieuses que seules les ombres du soleil torride d’Afrique pouvait dessiner, tantôt se rencontraient, tantôt se séparaient dans des labyrinthes tortueux.

Ô ombres de mon enfance, que vous m’avez manquée !

Viennent ensuite mes premières péripéties d’adolescente. Une joie de vivre et de l’humour à revendre. Je séduisais petits et grands. Ma démarche légère et mon sourire immuable faisaient ébranler plus qu’un. J’eus des prétendants, des amoureux secrets, des envieuses…mais mon cœur demeurait insensible aux regards enflammés des jeunes du quartier, jusqu’à ce jour où, croisant le regard d’un inconnu, mes joues devirent subitement couleur pourpre.

L’amour n’avertit jamais en frappant à notre porte, le malheur non plus.

Il s’appelait Pierre. Jeune étudiant français qui faisait le touriste dans les étroites rues de l’Oudaya. Je ne sais comment il m’avait abordée. Je ne saurais raconter le début de cette relation ravageuse qui me tira sans ménage dans ses sillons.

Mon père l’appris et me fit franchir la porte numéro 13…à jamais !

Père était un homme dur, un bon musulman qui ne pouvait tolérer voir sa fille amourachée d’un mécréant.

Il a eu connaissance, je ne sais par quel moyen, de tous les détails de ma relation avec Pierre. J’avais souillé l’honneur de la famille. Mon père ne pouvait survivre à la vue de sa fille portant en elle l’enfant d’un homme qui n’était pas son mari. Il ne pouvait y avoir réparation puisque l’homme en question était un impie. Mon père préféra alors ne plus me voir, pour… vivre !

Les nuits d’hiver sont terriblement froides dans les ruelles de l’Oudaya, mais le matin apporte une lumière claire, des rais de soleil chatoyants et des ombres solidaires…

J’ai choisi de repasser par cette rue une dernière fois après tant d’années d’absence, pendant un matin d’hivers. J’ai choisi de faire mon dernier adieu à cette porte numéro 13 derrière laquelle mes rêves, mes souvenirs et ces images d’une petite fille aux nattes longues, continuent encore à errer…

mercredi, octobre 12, 2005

Souffle de vie



A chaque souffle de vie en moi...
Je pense à toi et je dis tout bas...
"Je l'aime"

Aimer c'est ce que je ne pourrais jamais définir, c'est ce que je ne saurais que vivre...

dimanche, septembre 25, 2005

Aimer...

"Aimer, ce n'est pas seulement aimer bien; c'est surtout comprendre"
Françoise Sagan- Qui suis-je?

De main en main....



Aigredouce m’a passée le relais. En attendant de savoir à qui je le file à mon tour, je vais tout de même m’afférer à la tâche…

Au fait, c'est amusant!

Quel metteur en scène filmerait le mieux votre vie ?
Woody Allen. Il m’entourera de miroirs pour faire rejaillir toutes mes facettes, toutes les images cachées de mon âme…il me rendra toujours jeune et me fera rentrer dans tous les rêves.

Quel peintre vous aurait prise pour modèle ?
Jilali Gharbaoui. Il était toujours à la recherche de la lumière, il l’aurait peut être trouvé dans mes yeux, d’autant plus que dans son tableau je ne serais qu’un tas de gribouillage indéchiffrable…mais beau et mystérieux.

Quel auteur aurait écrit le roman de votre vie ?
Driss Chraibi, ça risque de ressembler au « passé simple », rien que pour ça je lui offrirai ma vie.

Quel dessinateur de BD vous croquerait le mieux ?
Zep, le dessinateur de Titeuf…je lui fais confiance pour me trouver une coiffure originale.

Quel chanteur pourrait faire une chanson sur vous ?
Bob Marley, on m’écoutera en planant…


INTERIEUR


Quel ustensile de cuisine seriez-vous ?
Une cocote minute, pour la cuisson à haute température.

Quel ingrédient de plat unique (couscous, cassoulet, etc) seriez-vous ?
Du sel, pour qu’on ne puisse jamais se passer de moi, sauf quand on a une hypertension…et c’est tant mieux !

Quelle pièce de la maison seriez-vous ?
Une chambre à coucher, le nid douillet regorgeant de douceur.

Et quel meuble ?
Un lit, on arrive jamais à le délaisser pour bien longtemps.

Quel jeu de société seriez-vous ?
Le scrabble, on a beau connaître de jolis mots…mais il faut savoir les placer.


EXTERIEUR


Quel moyen de transport seriez-vous ?
Une bicyclette, écologique, tout terrain…et il faut de l’effort physique pour la conduire.

Quelle ville seriez-vous ?
L’utopie, personne ne sait où elle se trouve, mais tout le monde en rêve.

Quel musée ?
Le Louvre, il a une association d’amis.

Quel pays rêvez-vous de visiter ?
L’Australie.

Quel objet emporteriez-vous sur une île déserte ?
Une petite couleur (mais c’est pas un objet !!)

A vous maintenant!

Sanaa
Larbi
Ayoub
Kamal
Li
Laseine
KB...un petit oubli.


jeudi, septembre 22, 2005

Il faut, voyez-vous, nous pardonner les choses - Paul Verlaine


Rita Medoff "Un coeur - deux âmes"

Il faut, voyez-vous, nous pardonner les choses
De cette façon nous serons bien heureuses
Et si notre vie a des instants moroses,
Du moins nous serons, n'est-ce pas ? deux pleureuses.

Ô que nous mêlions, âmes soeurs que nous sommes,
A nos voeux confus la douceur puérile
De cheminer loin des femmes et des hommes,
Dans le frais oubli de ce qui nous exile !

Soyons deux enfants, soyons deux jeunes filles
Éprises de rien et de tout étonnées
Qui s'en vont pâlir sous les chastes charmilles
Sans même savoir qu'elles sont pardonnées.

Paul Verlaine (Romances sans paroles)

vendredi, septembre 16, 2005

Rituel pour chasser le blues



Tout le monde, ou presque, a le blues ces derniers jours. Comme je ne peux pas être à Paris, Casablanca et Nouadhibou en même temps, j’ai cherché une solution pour égayer la journée de tous ceux qui se sentent mal…ou de trop !

Je suis tombée sur quelque chose d’hallucinant : un rituel pour chasser le blues !

Ingrédients/Accessoires:

-Une chandelle violette ou noire
-De l'encens de myrrhe
-Deux tasses de jus de citron
-Trois feuilles de laurier
-1/4 de tasse d'aiguilles de pin
-Quelques gouttes de vinaigre
-1 litre d'eau bouillante

Cuisson (oups je voulais dire rituel !) :

Allumez la chandelle et l'encens. Dans un grand bol, versez tous les autres ingrédients, avant d'ajouter le litre d'eau chaude. Laissez infuser le mélange pendant une quinzaine de minutes, puis filtrez-le. Laissez-le refroidir. Lorsqu'il est tiède, allez dans votre bain, puis versez le mélange sur votre corps en répétant trois fois:

"Ce liquide me purifie. Ma dépression s'enfuit. Je me sens léger(e). Je me sens libéré(e).
Ainsi soit-il."

Prenez une douche pour faire disparaître les derniers résidus de votre dépression.

Présentation finale :

Je suppose qu’après avoir lu cette immondice totalement débile, ça va beaucoup mieux !

dimanche, septembre 11, 2005

Shan Sa, joueuse de go.



« A l’instant où commence l’irréversible, je saurais enfin qui je suis, pourquoi je vis. »

Shan Sa a su dire par ces mots ce qui est devenu mon credo. C’est au moment même où l’on franchi le point du non retour qu’on se sent libre de repenser sa vie, de s’interroger sur soi même, de contempler son passé avec un œil lucide et de pressentir son future avec une vision limpide.

J’ai lu « la joueuse de go » il y a de cela un an déjà. Je ne l’ai jamais relu car il est resté ancré dans ma mémoire telle une vision, une leçon, un souvenir d’une vie qui aurait pu être la mienne mais qui ne l’est pas pour la simple raison que je l’ai choisie autrement.

Le choix, cette liberté de décider de sa vie et de ne plus se laisser entraîner par elle, ses tumultes, ses caprices, ses vétilles.

Le go est à l’image de la vie elle-même, un jeu de stratégie d’encerclement. Shan Sa a su si sublimement le mettre en valeur aux mains d’une jeune chinoise qui s’insurge contre les pré-établis d’une culture, la fatuité d’une existence ébauchée telle une pièce de théâtre.

« La joueuse de go » est une histoire de l’Histoire, une partie de go dans le grand jeu de la vie.

jeudi, septembre 08, 2005

Il pleut doucement sur la ville - Paul Verlaine



Il pleut doucement sur la ville.
(ARTHUR RIMBAUD)

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écœure.
Quoi ! nulle trahison ?
Ce deuil c'est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon coeur a tant de peine !
 
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