jeudi, juillet 20, 2006

Le rocher de Tanios - Amin Maalouf

Par les temps qui courent, par cette déflagration de haine, d’injustice et d’hégémonie sioniste, je voulais apporter une contribution à la considération de la lutte libanaise, cette lutte de la dignité et de la gloire.

Je le fais avec mes mots, avec mes très modestes moyens, avec ces pensées profondes d’admiration pour ce peuple tenace et digne dont le pays croule aujourd’hui sous les bombes.

Je le fais en pensant à un livre, en vous parlant d’un livre. Le livre d’un libanais, un des plus connus, Amin Maalouf, qui n’est plus à présenter par ailleurs.

Dans ‘Le rocher de Tanios’, Amin Maalouf aborde les thèmes qui ont le plus influencé son être et le plus caractérisé sont œuvre. Le Liban profond, celui des dissemblances et des ressemblances, celui de la quête acharnée de liberté, de la recherche de son identité propre dans un pays où religions et langues diverses se côtoient et s’influencent mutuellement, où le citoyen lambda est le produit à la fois pur et métisse de divers systèmes de valeurs, d’une multitude de cultures. Ce Liban tellement beau par ces contradictions…

Puis vint l’exil, celui de Tanios ou de Maalouf, on ne saurait dire. L’exil qui reste la seule issue de celui qui cherche son identité dans le tumulte des disparités, ou cet autre qui fuit un destin tragique. L’exil, tel qu’en parle Maalouf : « " A quoi bon ? Ce n'est pas ainsi qu'on prend la décision de partir. On n'évalue pas, on n'aligne pas inconvénients et avantages. D'un instant à l'autre on bascule. Vers une autre vie, vers une autre mort, gloire ou oubli. Qui dira jamais à la suite de quel regard, de quel parole, de quel ricanement, un homme se découvre souvent étranger au milieu des siens ? Pour que naisse en lui cette urgence de s'éloigner, ou de disparaître ". »

Le rocher de Tanios, relate l’histoire de Tanios, l’enfant illégitime de la très belle Lamia et du Cheikh de Kaferyabda, un village libanais chrétien. Une épopée qui le porte des montagnes libanaises jusqu’à Chypre et qui lui fait lire le texte de la déposition de l’émir des montagnes, celui-là même qui aurait exécuté son père après que ce dernier ait assassiné le patriarche.

Ce livre est un essaim d’événements qui se suivent dans une logique toujours surprenante, une profondeur des sentiments, des sensations et des émotions, et surtout un Amin Maalouf qui fait avouer aux mythes l’histoire du réel…


PS : Merci à Fadwa et Wail de m’avoir offert ‘The rock of Tanios’ et tous mes vœux de bonheur à vous deux.

4 comments:

Amine a dit…

ho ho... excellente lecture... je l'ai lu il y a bien 10 ans je crois, excellent
Je te suggère encore mieux: "Les identités meurtrières", du même Amin Maalouf, ou il prolonge et achève sa quête sur la notion d'identié.
Un régal.
Et qui s'applique à tous ceux qui ne vivent pas sur le sol de Mère Patrie :-)

http://www.amazon.fr/gp/product/2253150053/402-3312929-1449729?v=glance&n=301061

Décidément, Les Amine sont vraiment des gars bien :-)

linalone a dit…

Merci Douda, d'avoir pense a notre petit pays ensanglante. C'est l'horreur par ici.Nous avons besoin be votre soutien. Welcome back to blogging.

Oussama (& Hamida) a dit…

nariii ‘The rock of Tanios’ j'ai déjà la chair de poule.
Mister maalouf est un dieu.
je m'éclipse je fais même pas son ombre.

Larbi a dit…

De Amin Maalouf, je n’ai lu que "Les identités meurtrières " un chef d’œuvre à mettre sous tous les mains.

Je me demandais justement pourquoi les gens sont unanimes : Le Liban est un très beau pays. Et j’ai trouvé ma réponse : " Le Liban profond, celui des dissemblances et des ressemblances, celui de la quête acharnée de liberté, de la recherche de son identité propre dans un pays où religions et langues diverses se côtoient et s’influencent mutuellement, où le citoyen lambda est le produit à la fois pur et métisse de divers systèmes de valeurs, d’une multitude de cultures." . J’espère seulement que ce Liban là, atypique et original, survivra aux évènements en cours .

Sur la question de l’exil : Oui il advient qu’on se trouve étranger au milieu des siens et qu’on a le désir de s’éloigner. Et que dans un pays étranger on se découvre, on se lâche, on se libère. C’est là une des belles et profondes réflexions de Amin Maalouf.

Merci Douda pour cette veille culturelle .

PS/ Pour Fadwa et Wail : et moi ... même pas " The rock of Tanios " en édition de poche :(

 
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