lundi, mai 22, 2006

Cours Forest cours!



No no, pas de Forest cette fois…que des hlima, fatima, souad, siham, nadia,…Nawal !

Les femmes marocaines ont couru ce dimanche dans les grands boulevards de Casablanca, pour le fun, pour marcher (courir?) entre copines, pour chanter à 20 000 voix, pour scander des « sla ou slaam 3la rassoullah » en courant (exclusivité marocaine !), pour se déhancher devant les caméras du monde entier (on a même vu une caméra PBS )…mais aussi pour former le plus grand rassemblement exclusivement féminin, si ce n’est un Boudarbara qui a toujours le vent en poupe (le nombres d’autographes signés faisant foi) et un Bassir 'hou hou' (désolée je ne peux pas m’en empêcher) !

Bref, c’était drôle et surprenant…et pour le garçon manqué que je suis souvent, c’était une occasion en or de retrouver cette part féminine désinvolte, amusée et amusante…

Vivement l’année prochaine…

…Et merci qui ?


(Merci à Nawal El-Moutawakil bande d’ignares :))

PS : Ne cherchez pas, je suis pas sur la photo…mais mon téléphone si ;)

mardi, mai 16, 2006

Flip le chat de gouttières (3)



Il courut et continua à le faire sans connaître vers quoi il allait, mais savait pertinemment ce qu’il fuyait et ça lui suffisait pour puiser dans des sources d’énergie inépuisables.

Philippe fuyait un destin certainement macabre mais allait vers un autre incertain et nébuleux. En courant avec un effroi qu’il n’avait connu auparavant, il ne remarqua pas qu’il en fût arrivé à quitter le port et avec, cette cohorte d’hommes et de femmes pour le moins dire étranges, qui peuplaient les quais telles des sauterelles affamées dans un champ de blé.

Quand il repris conscience du monde autour de lui, Le Bel n’entendait plus que les battements affolés de son cœur. Cela lui prit un bon moment pour pouvoir ouïr le vacarme de cette rue bondée de charrettes et de vendeurs ambulants. Il a sûrement du atterrir encore au mauvais endroit. Désormais, Philippe savait qu’il n’arriverait probablement pas au bout de ses peines, ou plutôt de cette mauvaise aventure qui prend plutôt l’allure d’un cauchemar abominable.

Il se résignât cependant à marquer une pause pour essayer de reprendre ses forces sous la douce tiédeur de l’ombre d’un arbre gigantesque. Il resta là de longues minutes à contempler les gens qui allaient et venaient dans un tourbillon de poussière, faisant ressembler la vaste place à un véritable champ de bataille.

Une scène retint particulièrement son attention.

La femme était vêtue d’une sorte de sac l’enveloppant toute entière, avec sur la tête un foulard dont les couleurs avaient disparu à coup de soleil tapant sur le crâne. Elle tirait par les bras un môme qui criait et pleurait dans un vacarme faisant tourner la tête à tous les passants. Le garçon pleurait des yeux, des narines et même de sa bouche sortait un liquide telle l’écume...

vendredi, mai 12, 2006

Se ressourcer...


Poème manuscrit de Louis Aragon

Françoise Sagan me fait me ressourcer en envie d’écrire, en rêveries solitaires, en mots, en situations amusantes et surtout en un peu de moi.

J’ai terminé il y a quelques jours « derrière l’épaule », un livre où Sagan s’éloigne de ses histoires d’amour, des ses histoires de vies insolites et de personnages chargés d’émotions pour raconter l’histoire de ses livres.

Elle aborde avec un style doux et amusant, la chronologie de ses livre, depuis le premier qui a fait son succès, si ce n’est carrément la légende ‘Sagan’, « Bonjour Tristesse » en passant par ces innombrables romans, des plus réussis, aux échecs retentissants.

Je ne vais pas m’évertuer à résumer son livre (qui raconte tous ses livres), car ça serait juste de la répétition médiocre et ennuyeuse.

Je voudrais par contre parler de moi, de ces histoires que je n’ose encore raconter, de ces livres dont je ne trouve toujours pas les personnages, ni les événements. Mais là aussi, je suis incapable de le faire, pour une raison logique simple. Si je pouvais en parler je l’aurais d’abord fait…chose qui n’est pas !

Néanmoins, j’ai dans l’esprit des mots d’émerveillement, d’envie de lire encore, de m’imprégner complètement de l’œuvre de Sagan et ne plus en sortir.

Je me souviens de mon premier contact, si l’on puisse dire, avec Sagan. J’ai eu un mal fou à finir la dernière page de « Bonjour tristesse », car pendant l’heure où j’ai connu Cécile, ses sources de tristesse, de bonheur, elle m’a acquise, m’a ensorcelée et a tout simplement fait de moi une âme errante dans l’univers de son histoire que je ne voulais plus quitter.

L’autre jour par contre, j’éprouvais une joie immense en finissant « derrière l’épaule »…durant toute ma lecture, je n’avais qu’une envie…laisser mes doigts se balader sur mon clavier sans retenue aucune.

J’avais un désir pressant…d'écrire !

Chanson sans mémoire
Amour imité
Comme un vin sans boire
Comme un coeur jeté
(Aragon)

jeudi, mai 11, 2006

Comme une envie



Voler encore
Voler toujours
Vers le refuge de son corps
De nuit comme de jour

La nature humaine aussi limpide peut-elle être, par moment, cache des secrets insondables.

On se pose souvent la question de ce qu’on a pu acquérir, de ce qu’il nous reste à conquérir, mais on oublie continuellement de s’arrêter sur ce qui est à portée de notre main, ce qu’on néglige parce qu’on le croit déjà acquis.

Mes doigts tapotent sur le clavier sans grande détermination, sans idées claires, sans ambition aucune d’écrire un texte cohérent, mais ils continuent à cliqueter dans un flux ininterrompu.

Il se fait que mon cerveau communique directement avec mes doigts sans trop me demander mon avis.

J’aurais voulu écrire des sentiments, décrire des sensations, mais mon sur-moi (ou alors le fait que je sache que je ne suis pas une inconnue pour tout le monde…) m’empêche de le faire. Devrais-je peut être inventer un autre Hammam ? Ah qu’il me manque mon hammam, toutes ces femmes devenues mes amies, mes confidentes…ou le contraire.

Je vous le disais bien que la nature humaine était étrange.

Je vais probablement m’inventer un nouvel espace pour raconter cette étrange sensation de me sentir étrange.

Si je disparais…ne cherchez pas trop, je serais quelque part confinée dans un joli blog avec comme seule compagnie…des vers.

mercredi, mai 10, 2006

Je me souviens des jours anciens…


'Tipaza' - Luc BOIVIN

…et je souris.

Je souris au souvenir d’un récent voyage sur la route des milles kasbah…

Je souris à un souvenir plus lointain d’un autre voyage sur la route des milles kasbah…

Et je continue à sourire pour tous les souvenirs.

Mais là je laisse voguer mes yeux, mon sourire et mes rêveries de fillette endormie au souvenir d’un Alger, d’un port, de quelques lumières sur la baie, d’un téléphone et d’un amour qui naît pour envahir mon cœur de bonheur…

Il y a tant de souvenirs qui m’accompagnent et me rejettent dans une profonde solitude…

Je pourrais écrire un livre sur la solitude. Cette solitude que je suis allée chercher au loin pour sceller le pacte secret de toujours nous tenir loin, elle loin de moi, moi encore plus loin d’elle.

Loin de moi amie solitude. Tu as été mon autre moi, ma confidente, la voix douce d’une conscience qui se meut au rythme du soleil. Tu m’as remplie d’un bonheur exquis, savoureux et tellement insolite. Bonheur d’être face à moi-même, plénitude de planer au dessus de mon propre corps pour m’observer vivre.

Aujourd’hui, je voudrais vivre sans trop m’observer.

Je voudrais juste savourer…

…en me souvenant des jours anciens, en me délectant du moment présent !


Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

lundi, avril 24, 2006

A-15 done!



Il se fait que la vie prenne souvent des chemins inattendus…

Un beau jour elle nous fait recevoir un mail…un autre, elle nous fais partager un jus d’orange sous de tendres rayons de soleil…et elle fini par nous réunir d’abord devant une pizza, ensuite dans une librairie, et puis tout les jours à partager des rêves…

Et une chatoyante journée d’avril, elle nous fait se réunir pour la vie…

Le 15 Avril…la vie nous a fait regarder dans les yeux l’un de l’autre pour dire notre vie, à lui et à moi, commence…

Ps : Kam, tu as demandé à ce que le moment venu je commente ton post-it...
J’ajoute A-15 done :)!

mercredi, mars 29, 2006

Comme un printemps



Des sanglots longs

Des larmes diamants

Des violons

Au son d’un piano

De l’automne

Temps monotone

Au souvenir d’unVerlaine

Mon printemps rayonne

En soie et laine

J’attends l’hirondelle

Le goût du miel

Soleil chatoyant

Au bout d’un crayon

Se dessine un avenir

Comme pour me dire

Les feuilles mortes

De ça, de là

Renaissent là.

mardi, février 07, 2006

Le Hammam...c'est fini.



Voilà, le Hammam c’est fini.

C’était agréable de raconter des histoires de femmes imaginées, de sa raconter parfois…

C’était agréable de rêver et de faire rêver…

Merci à tous ceux qui ont lu, ceux qui ont commenté et tous les autres qui sont passés en silence.

vendredi, janvier 27, 2006

Flip le chat de gouttières (2)



Quand ses pieds frôlèrent le sol de cette terre de maures sauvages, les rais du soleils pénétrèrent avec une telle force la pupille de Philippe qu’il en resta abasourdi pendant de longues interminables secondes. Une fois les yeux ouverts et habitués à la lumière foudroyante du jour, Philippe ne put décerner la longue silhouette de son maître à ses côtés, il constata avec horreur que sa laisse avait été lâchée et qu’il errait seul parmi la marrée humaine qui dévastait les quais du port.

Désespéré, en panique et en sueur, Philippe courrait aux quatre coins du port à la recherche de cette forme longiligne qui caractérisait le corps frêle de son maître, il chercha son couvre-chef, sa canne à tête d’oiseau, son costume morose de fossoyeur qui contrastait âprement avec la chaleur ambiante, mais en vain. Il dut alors se résigner à revenir sur le bateau dans un dernier espoir de retrouver les siens, mais le pauvre félin ignorait la valeur de ses semblables et le traitement qui leur est réservé chez ces maures à la peau tannée et aux cheveux sombres telle la nuit. Il ignorait le nombre incommensurable de coups de pieds qu’il allait recevoir sur le derrière en essayant d’atteindre la passerelle du navire avant d’échouer l’estomac retourné sur un coin puant le moisi du poisson.

Le Bel, qui dans un moment de lucidité retrouva ses forces et ses facultés d’analyse réputées être des plus pointues chez les quadrupèdes, décida se rendre au bureau des objets trouvés. Certainement un illuminé de ces malotrus arabes aura l’infime lueur d’intelligence de lire sur son collier le nom et l’adresse de M. U.

A peine fût-il sorti de ce coin miteux à l’abri tout de même du soleil et de ces énormes pieds chaussés de vulgaire chaussures en cuir jaune et à la forme triangulaire, Philippe croisa une cohorte d’enfants sales et piètrement habillés qui courrait haletants derrière un ballon dégonflé.

Les enfants le regardèrent avec des yeux de chasseurs nés et s’arrêtèrent net. On dirait qu’ils avaient pensé tous à la même chose au même moment. Philippe ne put douter des mauvaises intentions de ces diables qui, au lieu de poursuivre cet ersatz d’un ballon, se sont simplement mis à sa poursuite. Le pauvre chat ne sût comment réagir mais son instinct de survie le poussa à courir le plus vite qu’il pût. Les chenapans avait en effet, une seule idée, meurtrière cela va sans dire, derrière la tête, s’amuser au jeu du pendu, non ce jeu distingué consistant à jongler avec les mots, mais un autre bien plus réel, mettre à exécution cette scène des milliers de fois vue et appréciée au cinéma à deux sous du coins, qui consistait à tirer une chaise de sous un malheureux pour le voir suffoquer une grosse ficelle à la gorge, jusqu’à ce que mort s’en suive...

lundi, janvier 23, 2006

Flip le chat de gouttières (1)



Philippe fut nommé ainsi en hommage au roi de France Philippe Le Bel, non pas qu’il fut d’une quelconque beauté mais pour la déconcertante raison que son propriétaire M. U. se disait un des derniers descendants du fameux roi de marbre.

D’ailleurs M. U aimait à se pavaner en ramenant ses amis, en visite à Avignon, en péniche à la tour de Philippe le Bel sur l’autre rive du Rhône, jusqu’au jour fatidique où un ami lui posa une question saugrenue : « Mais dites donc cher ami, vous seriez donc un des Capétiens maudits par Jacques de Molay jusqu’à la treizième génération ? », tous éclatèrent de rire, sauf le pauvre M. U. qui ne savait que nenni concernant les Capétiens et cette histoire de Jacque Molay, mais que le chiffre 13 ébranlât jusqu’aux plus éloignés recoins de sa conscience.

M. U. décida dès ce jour là d’adopter un chat noir et de le nommer Philippe le Bel, à l’effigie de son ancêtre damné, pour conjurer la malédiction.

Philippe le chat n’avait rien d’exceptionnel. Il était banal et passait inaperçu dans la majorité des cas, même si son maître s’évertuait à lui mettre les plus jolis colliers de chats qu’on aurait pu façonner pour un cou aussi maigre.

Philippe mangeait énormément, ou plutôt le forçait-on à manger pour afficher une bonne santé et cette bourse bien remplie de son maître extravaguant. Rien à y faire. On aurait dit que Philippe était d’une race qui arborait fièrement ses origines de chats miteux et chétifs jusqu’à les emporter dans la tombe.

Philippe était pourtant de bonnes mœurs, il savait se comporter en public, marchait en se dandinant de son petit corps de chat anémique et miaulait d’une voix douce et chatoyante sans jamais sortir les griffes que pour se gratter le derrière. Philippe fût un chat modèle. Pas beau, même un peu laid, quoiqu’on se raille à l’appeler le Bel devant son candide de maître, mais attendrissant et reposant car inaperçu. Durant les longues journées dans la riche demeure de M. U. le quotidien de Philippe était plutôt morne et sans grandes histoires si ce n’est cet amour fou et désespéré d’une jolie birmane, aux longs poils blancs comme la neige, appartenant aux voisins. Amour qu’il porta en secret dans la solitude de sa conscience jusqu’aux derniers jours de sa septième vie…

Philippe souffrait déjà de l’insupportable idée de ne jamais pouvoir atteindre sa belle depuis quelques mois déjà quand un autre prétendant, un extraordinaire highland fold qui brisait à souhait les cœurs les plus enhardis, commençât à roder autour d’elle.

Philippe était au désespoir le plus sombre. Son idylle devenait de jour en jour une stérile rêverie solitaire qui envahissait son cœur d’un vent de Sibérie et arrachait en passant même les tendres moments de désespérance amoureuse. Il se fanait encore plus, même si on ne pouvait imaginer état plus avarié que le sien dans des circonstances normales, et même sa voix, la seule bonté divine apparente chez le pauvre le Bel, devenait faible, presque inaudible.

Le salut vint alors comme une deuxième vie, sachant que Philippe le chat en a sept à épuiser dans cette longue et dure existence terrestre. M. U. dut effectuer un voyage au pays du soleil pour assister au mariage de sa cousine qui allait épouser un riche héritier, mais ô combien grotesque, arabe!

Le voyage fût sans surprises, une traversée Sete-Tanger des plus banales, mais quand Philippe posa son pied sur cette terre chaude et inondée de soleil il eut l’impression qu’il allait vivre la plus intrépide de ses vies…

 
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