samedi, décembre 31, 2005

Insomnia


Insomnia, Sabin Corneliu Buraga

Je ferme les yeux, j’appui très fort sur les paupières mais je n’arrive pas à fuir.

Je n’essaye pas de retrouver Morphée, je voudrais juste faire semblant…essayer d’éclater ces idées noires qui m’agacent…

Quoi nulle trahison ?

Sans peine un cœur qui languit à l’aube, seul dans son coin, solitaire dans un monde immense, parmi des êtres multiples…

J’essaye d’écrire ces pensées qui revenaient dans mon rêve telles un cauchemar, sans en être véritablement un, mais en vain…

J’ai découvert une chose fort intéressante en cette nuit peu lumineuse, acerbe et froide. Je n’arrive plus à voir en mes idées, je ne fais que l’apologie des sensations…

Mais l’être, donc moi, n’est pas seulement sentiments, il est raison et lucidité, il est bêtise et cruauté, il est cet amalgame de choses qu’on ne pourrait qualifier du seul mot…sentiments !

J’ai si souvent pensé à des histoires à écrire, me suis chantée des poèmes, élaboré des desseins d’avenir et des déclarations d’amour à commencer pas faire dès le lendemain…toutes ces choses prenaient vie dans ce laps de temps qui me séparait du sommeil. Un moment de félicité où tous les rêves sont possibles, où l’impossible se confond avec le possible pour donner dans un moment de rêverie l’autre dimension de la réalité…l’irréel.

Jamais aucune de ces histoires, aucun de ses poème, nul rêve n’ont pu voir le jour…je me suis toujours posée la question du pourquoi !

Cette nuit j’ai compris. Je n’ai jamais eu le courage de quitter mon lit douillet pour aller réaliser, ou seulement transcrire, ses rêves…j’ai toujours pensé : je le ferais demain !

Cette nuit, je me suis levée de mon lit pour aller immortaliser mes pensées sur une feuille blanche, ces rêves me tiennent tellement à cœur que je supporte de grelotter de froid alors que mon lit garde encore ma chaleur et la sienne. J’ai fait cet énorme sacrifice car le rêve de cette nuit est important…je rêve de dormir !

mercredi, décembre 28, 2005

Je voudrais...



Une année de plus qui s’en va, des vœux de bonheur et de prospérité, des fleurs à offrir, un climat de fêtes…et moi dans tout ça ?

J’ai beau essayé de me trouver des résolutions pour l’année qui s’annonce, je n’y arrive pas !

Je sais seulement ce que je veux…


Je voudrais me fondre en toi, te revenir et me lover au fonds de ton torse comme au moment de la création…

Je voudrais remonter les temps, les siècles de l’humanité et demander à Dieu de ne pas me créer femme à part, juste me faire partie de toi…

Je voudrais être ta femme, ta mère, ton amie, ta fille, ton autre toi…

Je voudrais être une berceuse, une chanson bohème qui charmera ton esprit à la recherche du sommeil…

Je voudrais être un souffle d’air matinal pour te caresser, faire frissonner ton corps, te voir te vêtir de toutes tes armes pour me repousser et pourtant m’infiltrer à travers une minuscule petite fente pour me blottir contre toi…

Je voudrais être ce post-it que tu gardes constamment devant tes yeux, pour te rappeler les moments de bonheur qui nous rassemblent…

Je voudrais être le premier rayon de soleil qui se faufile d’entre tes stores pour t’attirer du sommeil, te dire ‘un bonjour amour’ et te câliner toute la journée…

Je voudrais être ce plat d’haricots que tu affectionnes tant pour que tu déguste, te rassasie et pense à moi avec délectation toute l’après-midi…

Je voudrais être ton refuge, le coin sombre, silencieux et paisible vers lequel tu accoures quand ça va mal…

Je voudrais être ta compagne, celle qui te regarderait avec fierté et amour en marchant sur tes pas, en s’agrippant à tes bras devant le monde entier…

Je voudrais être ce rêve qui te poursuit, cette ambition qui te fait courir, ce havre de paix qui t’accueillerait tendrement et te protégerait des tumultes…

Je t’aime.

Je voudrais que tu sois tout ce que je voudrais être…

lundi, décembre 26, 2005

A toi...



Un bouquet bien spécial pour une personne bien spéciale…

Joyeux anniversaire à ton blog et longue vie à tes projets.

A- 15

jeudi, décembre 15, 2005

Je savoure...

Je regarde la neige à travers ma fenêtre, là au loin, aux sommets de ces immuables montagnes qui surplombent Marrakech et je rêvasse…
J’ai eu cette envie pressante de partir, m’éloigner de tout et rêver. J’ai eu l’impression en prenant le train hier que j’effectuais un second voyage à Alger, pour chercher je ne sais quoi au loin tout en plongeant dans des souvenirs d’enfance. C’est la première fois qu’un voyage à Marrakech me fasse cet effet, c’est la première fois que je pense à la ville ocre avec tant de nostalgie.
J’ai eu cette envie irrésistible de me retrouver dans les rues de la médina, de dévisager des gens ordinaires, de rêver leur vie comme je le faisais jadis au temps de mes études à Marrakech.
J’ai eu aussi envie de retrouver les lumières et les ombres si particulières des ruelles de la médina. Des lumières insaisissables, des ombres fuyantes, des couleurs et des senteurs qui, une fois débarrassées de leurs fioritures dorées sensées attirer les touristes, retrouvent toute la splendeur de leur passé, telles qu’elles sont ancrées dans ma mémoire de jeune fille savourant le soleil torride en errant dans des labyrinthes tortueux…
J’aime à me regarder dans les visages des autres.
J’erre en regardant droit devant moi comme si je connaissais mon chemin. Je me perds dans les regards. Je rêves les vies des autres et je m’arrête nette devant le constat de ma solitude…et quand je la retrouve, cette chère solitude qui m’a accompagnée de longues années durant, je me retrouve enfin.
Je me retrouve dans ces instants d’intime conversation avec moi-même, dans ces moments où je me racontais des rêves, ou j’improvisais des poèmes que je me chantais à moi-même en me promettant de les noter sur une feuille blanche plus tard.
Plus tard, quand je suis devant la feuille blanche, je ne les retrouve plus ces poèmes. Ils n’ont été que le chant mystérieux de mon âme. Des chants qu’elle me laissait savourer un instant et ensuite me les ôtait à jamais.
Que de souvenirs !
Des images magiques défilent devant mes yeux comme une résurrection d’une joie ancienne, d’un tas de rêves lointains…
Je me souris encore une fois et je commence à improviser un poème, à me raconter des histoires, à regarder les rais de lumières qui pénètrent l’ombre d’une ruelle silencieuse…
Je ferme les yeux et je savoure…

mercredi, décembre 07, 2005

Oubli, Solitude, Amour


Belle de nuit - Milan Heger

J’ai oublié les cauchemars, les frissons et les nuits de solitude

Pour courir me blottir dans ses bras, envahie de béatitude


J’ai vu brasiller des lumières vives dans ses yeux

Une heure de bonheur, une félicité des cieux


J’ai cherché dans mon cœur la tristesse

Elle n’est point, vainc l’allégresse


Et comme un papillon bohème

Je l’ai étreint, que je l’aime !


Béate et accolée à lui

Mon âme reluit

Un bonjour

Amour…

lundi, décembre 05, 2005

Une nuit d'épines


Des roses noirs, des scorpions et la solitude

Je crie, je hurle, j’invoque paix et quiétude

Dans ce crépuscule de la nuit

Seule attendant l’aurore

Une lassitude qui s’ennui

Et des cauchemars, l’horreur !

Un œil renonce, sommeil qu’il prélude

L’autre se révolte, cruel, sans mansuétude

Le premier rayon surgit

L’âme s’épuise et du corps

Une larme hagarde fuit

Célébrant le rêve mort

Au réveil, les épines de cette nuit cruelle et rude

M’écorchent encore ce cœur vif, rempli de solitude

mardi, novembre 29, 2005

"Cent ans de solitude" - Gabriel Garcia Marquez



Je me suis réveillée en sursaut, saisie par une sensation étouffante d’être prise au piège. Un labyrinthe fait de mailles d’histoire et peuplé d’araignées centenaires. Le cercle vicieux du temps ne semble vouloir se défaire que par les mains d’un Buendia, mais lequel ?

Une épopée ravageuse comme seule peut l’être une courte vie suivie d’une mort incertaine. Cent ans de solitude est le livre de tous les doutes, de toutes les attentes. Un songe qui ne cesse de tourmenter l’âme du lecteur, de l’amener à la source de la création et de le rejeter par la suite vers les tumultes des inventions. Pourtant le conte n’est que commencement et fin...

Un jour José Arcadio Buendia quitta, avec sa compagne Ursula, la terre natale. S’enfuir encore et toujours, quitter un sol pour un marécage, abattre des forêts et défaire les chaînes des montagnes pour arriver au bon port, le nouveau village de Macondo. Du péché originel, le meurtre de Prudencio, qui ouvrit la boite de pandore jusqu’à la naissance maléfique de l’enfant à queue de cochon, malédiction de la consanguinité et fruit de l’inceste consommé, la chronique de la famille Buendia fût prédite et relatée avec ses heures joyeuses et ses nuits ombrageuses par Melquiades, l’ancêtre des gitans. Une histoire

qui dura cent ans et qui tint dans un manuscrit en sanscrit douloureusement déchiffré par l’ultime Buendia au crépuscule de la destruction finale. Une imagination débordante et un sens de réalisme, apparenté à la vérité de l’âme humaine, aussi accru et rare que peut l’être la conscience de l’existence.

Ce livre est un passage obligé pour savoir que la vie n’est en partie que désir contradictoire de perdition et en une autre une perpétuelle quête de solitude. C’est une véritable invitation à vaguer dans les mythes de l’être humain, dans ses espérances et ses folies les plus périlleuses.

La chronique de Macondo, village don du ciel apparu en songe, de sa naissance à sa mort, de sa Genèse à son Apocalypse, est à l’image de la vie humaine : enfance, maturité, vieillesse et mort, mais aussi est à l’image de toutes les civilisations humaines, à l’effigie de l’Histoire elle-même.

Cent ans de solitude est un livre de la création, le reste est littérature...

mardi, novembre 22, 2005

Paulo Coelho : Chaque onze minutes un chemin se fait tracer...


Mon "Onze minutes"...signé!

Je l’ai vu pour la première fois à Casablanca. Dans une salle archicomble où un bon nombre de l’assistance restait debout pour manque de chaises, il s’est levé, a tendu la main vers ce public avide de le connaître enfin après s’être reconnu dans ses livres, et a dit dans son français hésitant « d’abord, je vois qu’il y a beaucoup de monde qui reste debout, alors qu’il y a une petite place ici (et il montre les trois fauteuils vides dont il en occupait un avant de se lever), je vous invite donc à venir vous asseoir ici à mes côtés, car comme vous voyez, je suis chétif et je n’occuperai pas autant de place » …

Zone de Texte: CitationsNous en avons tous rit. Il y en a qui se sont précipités pour occuper les places sur l’estrade, devant les yeux ébahis du ministre de la culture. Je n’avais pas de place non plus, mais j’étais lente à réagir, toujours fascinée pas ce grand homme de la littérature mondiale, si humble et tellement attachant.

Il a parlé de choses ordinaires, sur sa vie, ses débuts dans la littérature et la force qui l’a toujours animée pour rêver et faire rêver les autres, les inciter encore et toujours à suivre leur quête personnelle et à livrer le Bon Combat.

De Paulo j’avais commencé par lire « l’Alchimiste » où j’ai eu un plaisir immense à suivre Santiago le berger de son Andalousie natale jusqu’à une oasis dans le désert égyptien à la recherche d’un alchimiste qui lui indiquerait l’emplacement de son trésor. Une belle épopée où les leçons de la vie que nous recevons tous chaque jour, deviennent ostensibles, signes et guides sur notre chemin de son apprentissage. « Véroniqua décide de mourir », « Sur le bord et la rivière Piedra, je me suis assise et j’ai pleuré », « Onze minutes » et tout dernièrement « Le pèlerin de Compostelle » autant de petites merveilles que j’ai consommées sans modération…

Paulo est lui-même un délicieux personnage, aussi spirituel et profond que peuvent l’être ses livre, avec un sens de l’humour et une sorte de simplicité enthousiasmants.

Assiégé par des dizaines de fans venus lui rendre hommage, j’ai réussi tout de même à avoir sa signature sur « Onze minute », un livre sur une prostituée qui vous enseigne l’Amour, et non les amours. Un jour, je montrerai le livre à mes enfants, fière comme une dinde, en leur disant qu’un des écrivains les plus lu dans le 20ème siècle, celui qui a été le plus traduit, l’Alchimiste ayant été traduit dans 58 langues, un record, m’a laissé une petite empreinte et un doux souvenir pour toute la vie. Ceci, bien sûr, si la page signée résistait aux intempéries du temps et de mes relectures acharnées…

jeudi, novembre 10, 2005

Et si on chantait?

listennow (1K)Merci Dayzin pour le cadeau. Vous avez une voix...douce!




Me brûler encore

J'ai comme une envie de voler
Brûler ces ailes qui ne cessent de se régénérer
M'embraser de ce feu que ses yeux ont attisé

J'ai comme une envie de m'incinérer
D'amour et de passion me consumer
Entre ses prisons de bras périr incarcérée

J'ai comme une envie de m'enfermer
Dans une cage de désir me transformer
En une fée, une épopée, un torrent déchaîné

J'ai comme une envie de crier
De joie quand ses lèvres se mettent à chuchoter
Aux miennes les airs de l'Eden déserté

J'ai comme une envie d'abandonner
Ciel et terre pour, entre ses mains, me réfugier
Lui offrir mon palais, mes secrets éveillés

J'ai comme une envie de veiller
Une nuit, un jour et un jour et m'envoler
Dans la voûte de son regard ensorcelé

J'ai comme une envie de fasciner
Ses cuisses, ses mains, son torse, les atteler
A mes cuisses, mes mains, mes seins dressés

J'ai comme une envie d'ériger
Une Venise en son souvenir, me remémorer
Les cris, les pleurs, les rires, et les amours oubliés

J'ai comme une envie de toujours me rappeler
Que lui c'est moi, et moi me transformer
En un lui à jamais en moi ancré.

PS: Ayoub...mouah!

dimanche, novembre 06, 2005

Le mot et l’image… (« Miniatures » de Youssouf Amine El Alamy)


« Ce n’est pas un roman, ni un conte, ni même une histoire. Ce sont de minuscules récits qui se terminent, tous, à peine commencés. » c’est ainsi que présente Youssouf Amine El Alamy son dernier livre « Miniatures ».

Hammadi, L’Haj D’rafat, Itto, Marcel Mazel, L’Hajja Rita, des personnages singuliers à qui YAE a donné la parole, le temps de raconter une histoire de vie ou un état d’âme…

Ce livre est une belle aventure littéraire et artistique où l’auteur ne s’arrête pas au seul pouvoir des mots mais invoque les mystères de l’image. Il ne se suffit pas à inventer des personnages mais les fait vivre et respirer au gré de l’imaginaire iconographique du lecteur.

Chaque histoire, elles sont au nombre de cinquante, est un récit bref sur un personnage bien particulier, illustrée par un tableau qui vient interpeller encore plus la conscience du lecteur.

Les récits de « Miniatures » ont la particularité d’être tellement concis qu’ils laissent toujours le lecteur avec un goût d’inachevé…on a dès lors envie de prendre sa plume est de continuer l’œuvre de YAE, mais ce n’est pas tout ! Cette cinquantaine de récits illustrent la disparité et la singularité de la société marocaine…un regard amusé et amusant, mais Ô combien lucide, sur des milliers de gens que nous croisons tous les jours, sur nous-mêmes…

Natif de Larache en 1961, Youssouf Amine El Alamy est professeur à l'université Ibn Tofaïl de Kénitra . Lauréat du grand prix de littérature marocaine d'expression anglaise en 1999, il est l'auteur de "Paris mon Bled" (2002) et de nombreux textes et articles notamment sur les attentats suicides de Casablanca de mai 2003, ainsi que sur l'image, la photo et la mode.

Son livre "Un Marocain à New York" paru chez Eddif (1998) fait sa popularité et sa fiction "Les clandestins" publiée en 2000, le consacre par le prix "Grand Atlas" en 2001.

Le vernissage de l’exposition de « Miniatures » aura lieu le 8 novembre à 19h à l’IF de Rabat.

Ça serait l’occasion de connaître de près l’œuvre de YAE et surtout de rencontrer ce jeune écrivain qui aborde le roman avec une légèreté et une sincérité déconcertantes. Un romancier qui, par ses nouvelles approches et un don créatif indiscutable, se confirme comme l’un des écrivains qui feront les beaux jours de la littérature marocaine d’expression française.

 
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